Accéder au contenu principal
Imprimer
Numéro 196 - Octobre 2026

Économie américaine : le parti du président fait-il la différence ?

Dans ce nouveau numéro de Regards économiques, Tom Spède analyse les performances de l'économie américaine sous les présidences démocrates et républicaines entre 1949 et 2024. L'étude montre que la croissance économique, la progression de l'emploi et la fréquence des récessions ont en moyenne été plus favorables sous les présidents démocrates. L'auteur examine toutefois dans quelle mesure ces différences peuvent réellement être attribuées aux choix politiques des présidents.

L'analyse révèle qu'entre 1949 et 2024, la croissance du PIB réel a atteint en moyenne 3,7% sous les présidents démocrates contre 2,6% sous les présidents républicains. Cet avantage s'accompagne également d'une croissance plus rapide de l'emploi et d'une fréquence plus faible des périodes de récession. Les écarts observés sont statistiquement significatifs mais ne constituent pas, à eux seuls, une preuve d'une meilleure gestion économique.

Pour évaluer la responsabilité des présidents dans ces performances, l'auteur s'intéresse notamment à la question de l'héritage économique reçu du prédécesseur, au calendrier des effets des politiques publiques ainsi qu'à l'impact d'événements extérieurs tels que les chocs pétroliers. L'étude montre que les conditions économiques héritées n'expliquent qu'une partie limitée des différences observées entre les deux partis.

L'analyse examine également le rôle de la politique budgétaire. Contrairement à une idée souvent avancée, les résultats ne permettent pas de conclure que les présidents démocrates auraient systématiquement mené des politiques budgétaires plus expansionnistes. Les indicateurs de dépenses publiques et de politique fiscale étudiés n'expliquent qu'une faible part de l'écart de croissance observé.

Une autre piste explorée concerne l'évolution de la confiance des ménages et des entreprises autour des élections présidentielles. Les données indiquent que la confiance des consommateurs tend à évoluer plus favorablement après les victoires démocrates. Toutefois, cet effet ne permet pas davantage de rendre compte d'une part substantielle de l'avantage de croissance constaté.

À l'approche des élections américaines de mi-mandat de novembre 2026, l'étude invite à une lecture nuancée des bilans économiques mis en avant dans le débat politique. Si les performances économiques diffèrent en moyenne selon le parti du président, une large part de ces écarts demeure difficile à expliquer par les seuls choix des administrations en place. L'article rappelle ainsi la nécessité de distinguer les résultats observés des responsabilités politiques effectives.

PDF Télécharger le numéro en PDF